22 mai 2017

Théâtre de rue / Les Géants à Montréal

À l’occasion des célébrations du 375e anniversaire de la fondation de Montréal, des Géants de la compagnie française Royal de Luxe défilent dans les rues de la ville. Ces marionnettes gigantesques sont accueillies avec beaucoup d’admiration et d’enthousiasme par des centaines de milliers de spectateurs de tous âges. Voici quelques photos souvenirs de ces superbes et merveilleuses prestations.

1 - Les Lilliputiens en livrée rouge au pied des Géants


2 - Le Scaphandrier et la Petite Géante avant leur réveil


3 – Le chien Xolo et le Scaphandrier


4 - Le Scaphandrier en marche


5 - La Petite Géante dans sa chaloupe


6 - Le Scaphandrier parmi la foule


7 - Le regard curieux du Scaphandrier


8 - Le Scaphandrier pendant la pause


9 - La Petite Géante parmi la foule


Félicitations aux concepteurs, artistes et techniciens de ce merveilleux spectacle!

Références

Royal de Luxe
Vive Montréal

Photos

Claude Trudel (20-21 mai 2017)

19 mai 2017

Dictionnaire des intellectuels au Québec (DiQ)

Ce dictionnaire est conçu pour combler les lacunes d’une mémoire collective quelque peu défaillante, mais aussi pour donner envie de lire ou de relire les textes de ces femmes et hommes passionnés par les idées, qui ont contribué – et qui contribuent toujours – à bâtir la société québécoise.

Sous la direction de Yvan Lamonde, Marie-Andrée Bergeron, Michel Lacroix et Jonathan Livernois, plus de 80 spécialistes ont contribué à la rédaction des 137 entrées exhaustives du DiQ.

L’introduction compte sept parties portant sur le but de la direction et les définitions du mot intellectuel.

Le mode d’usage du DiQ complète cette introduction.

Parmi les entrées consacrées à des femmes, hommes, publications et institutions, soulignons celles-ci à titre d’exemple:

Nicole Brossard
Éva Circé-Côté
Martine Delvaux
Micheline Dumont
Andrée Ferretti
Madeleine Gagnon
Suzanne Jacob
Judith Jasmin
Aurélie Lanctôt
Simone Monet-Chartrand

Pierre Bourgault
Paul Chamberland
Pierre Dansereau
Alain Deneault
Michel Freitag
Jean-Marc Léger
Marie-Victorin
Gaston Miron
Gabriel Nadeau-Dubois
Guy Rocher

Action nationale
École de Montréal
Institut canadien de Montréal
Parti pris
Maintenant

L’ouvrage est complété par une bibliographie, un tableau chronologique, la liste des collaboratrices et collaborateurs (institutions d’appartenance, courriels, entrées), un index et la table des matières.

Ce prestigieux dictionnaire est publié aux Presses de l’Université de Montréal (PUM).

Référence

Lamonde, Yvan et al. - Dictionnaire des intellectuel.les au Québec. - Montréal: Les Presses de l’Université de Montréal, 2017. - 345p. - (Corpus). - ISBN 978-2-7606-3704-7. - [Citation, 4e de couverture]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 305.552 DICT et 305.55209714 D5548 2017.

Articles connexes

Alain Deneault

L’austérité au temps de l’abondance

Michel Freitag

Le naufrage de l’université
Introduction à l’œuvre de Michel Freitag
Dialectique et société | Genèse
L’abîme de la liberté | Michel Freitag
La liberté à l'épreuve de l'histoire

Gabriel Nadeau-Dubois

Démocratie et mobilisation
Gabriel Nadeau-Dubois | Références
Gabriel Nadeau-Dubois | La révolte des riches
Analyse du livre « Tenir tête » (Gabriel Nadeau-Dubois)
Plaidoyers pour la gratuité scolaire (Libres d’apprendre)

Guy Rocher

Introduction à la sociologie générale

12 mai 2017

La liberté à l’épreuve de l’histoire

Sous la direction de Daniel Dagenais, les Éditions Liber viennent de publier les textes du colloque L’abîme de la liberté de Michel Freitag. Organisé en novembre 2014, à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), ce colloque coïncidait avec le cinquième anniversaire du décès de Michel Freitag (1935-2009).

Dans son introduction, Daniel Dagenais rappelle d’abord l’importance et la portée du livre posthume de Michel Freitag intitulé L’abîme de la liberté. Critique du libéralisme (Montréal, Liber, 2011).

Dans un deuxième temps, il présente les quatre parties du livre et les auteurs des quatorze articles:

I - Liberté et libéralisme / Gilles Labelle, Georges Leroux, Olivier Clain, Stéphane Vibert

II - Liberté et ontologie / Jean-François Filion, Brian C. J. Singer, Daniel Tanguay

III - Liberté et émancipation / Patrick Ernst, Éric Martin, Daniel Dagenais, Yves Bonny

IV - Les avatars de la liberté / Jacques-Alexandre Mascotto, François L’Italien, Gilles Gagné

Daniel Dagenais termine son introduction par des remerciements envers les personnes et les commanditaires qui ont apporté leur soutien à l’organisation et à la publication des actes du colloques, ainsi qu’envers l’éditeur des œuvres de Michel Freitag.

Tout au long des articles, les notes sont insérées en bas de page. Ces notes contiennent un grand nombre de références bibliographiques.

Les notices biographiques des quatorze contributeurs et la table des matières détaillée complètent l’ouvrage.

Un livre magistral invitant à poursuivre l’approfondissement de la pensée du grand sociologue et philosophe Michel Freitag. Quelques citations serviront à le démontrer.

Citations

Tant par ses propositions théoriques fondatrices que par son engagement profondément politique, l’œuvre de Michel Freitag est unique. On ne s’en approche qu’en pensant à l’ensemble qu’elle constitue, ensemble où se trouvent liées de manière indissociable plusieurs entreprises philosophiques, sociologiques, critiques, esthétiques, pédagogiques. Michel Freitag est non seulement intervenu sur les questions brûlantes de notre temps, mais il a également élaboré le cadre général d’une théorie qui donne à son travail ce statut d’œuvre que nous admirons. (Georges Leroux, La liberté à l’épreuve de l’histoire, p.35)

L’abîme de la liberté est un livre difficile, qui traite d’un sujet banal mais délicat, la liberté, et qui le fait d’un point de vue qui prend le plus souvent le contre-pied de l’opinion dominante. Sur le fond d’une critique de l’idéologie de la modernité, il propose une analyse sociologique du traitement de la question de la liberté dans son anthropologie philosophique. Il offre à méditer un texte dense, riche, dont le ton à la fois grave, polémique, parfois pressé, le plus souvent généreux, convient au genre et au sujet. (Olivier Clain, Libertés, libéralisme et néolibéralisme, p. 69)

Le seul fait que Freitag ose critiquer la liberté libérale ou négative – en tant qu’absence de contraintes politiques et possession naturelle de droits – le place en porte-à-faux avec notre époque. […] À notre avis, le projet normatif de Michel Freitag vise rien de moins que la négation de la négation libérale de la tradition. […] Dans les pages qui suivent, nous tenterons d’exposer que la lucidité sociologique de L’abîme de la liberté convie le lecteur à sortir de ses évaluations pragmatiques quotidiennes afin d’entrevoir un changement sociétal radical, d’une ampleur similaire à ce que fut la sortie moderne du Moyen Âge. (Jean-François Filion, Supprimer l’abîme de la liberté négative: le besoin d’une deuxième négation chez Miche Freitag, p. 139, 140 et 140-141).

On ne peut pas opposer d’une manière générale la liberté de l’individu à la contrainte de la culture ou de la société. Il n’y a pas d’individu sans société; et pas de liberté individuelle sans cette liberté épistémique de la culture qui donne à l’individu un monde durable qui fait sens pour lui. Cette donation du sens par le symbolisme est la condition de l’existence individuelle, aussi bien que de la liberté individuelle. (Brian C. J. Singer, D’une pensée hiérarchique: L’abîme de la liberté de Michel Freitag, p. 176)

Ce qui fait la grandeur et la dignité de l’être humain, soit sa capacité de produire un ordre symbolique, risque aussi de causer sa perte. […] Le seul moyen peut-être pour l’être humain d’éviter ce qui semble être son destin inéluctable – sombrer dans l’abîme de sa liberté – serait de réapprendre à percevoir la fragilité et la contingence de la vie, de réapprendre à voir dans les bêtes ce qu’en fait nous avons toujours été et ce que nous savons être au fond de nous-mêmes, des êtres vivants qui dépendent d’un Tout dont nous ne sommes ni la source ni les maîtres. (Daniel Tanguay, L’énigme de l’animalité et le destin de l’humanité selon Michel Freitag, p. 210 et 211)

Une question n’a cessé de préoccuper Michel Freitag durant toute sa vie: comment concilier aujourd’hui un principe espérance avec l’extraordinaire développement du capitalisme à l’échelle du monde? Ses effets désastreux sont devenus si préoccupants que plus personne ne croit vraiment à la poursuite infinie de ce modèle de développement. […] Il nous faut trouver autre chose, une expérience sociale plus authentique propice au réveil de cette espérance, et aller chercher dans notre passé pas si lointain des formes possibles de cet éveil. (Patrick Ernst, La critique sociale et le déni des médiations symboliques, p. 216 et 217)

Toute liberté, toute expressivité, toute autonomie manifeste une condition générale qui est plus large qu’elle. Ainsi, du fait même qu’elle soit située (historiquement, géographiquement), la liberté signale son appartenance à un moment, à une époque, à des conditions, ce qui déjà lui assigne des limites. […] Mais Freitag va plus loin: cette autonomie, cette expressivité, cette liberté est la forme dans laquelle se déploie et s’agrandit une forme d’existence toujours concrète. (Daniel Dagenais, Liberté et identité, p. 289)

S’il est à mes yeux une tâche importante que Freitag nous a léguée, c’est celle de développer et de diffuser sa théorie critique, originale et puissante, mais aussi de clarifier, d’approfondir et de prolonger sa théorisation à caractère contributif. (Yves Bonny, De la postmodernité comme alternative dans l’œuvre de Michel Freitag: universum, autonomie et solidarité, p. 318)

L'abîme de la liberté est un essai de plus de cinq cents pages d'une densité peu commune. (Gilles Gagné, Idéologie et communication. Problèmes contemporains de la discussion publique, p. 437)

Références

Dagenais, Daniel, dir. - La liberté à l’épreuve de l’histoire. La critique du libéralisme chez Michel Freitag. - Montréal: Liber, 2017. - 470p. - ISBN 978-2-89578-578-1. - BAnQ: 323.44 A148L 2017.

Freitag, Michel. - L’abîme de la liberté. Critique du libéralisme. - Montréal: Liber, 2011. - 505p. - ISBN 978-89578-307-7. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 323.44 F8665a 2011.

Articles connexes

L’abîme de la liberté | Michel Freitag
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Dialectique et société | Genèse
Le naufrage de l’université

05 mai 2017

Un nouveau monde / Joël Casséus

Le chemin, peut-être, n’est pas l’ascendance, pas la filiation, mais le futur. Le futur porté vers l’Autre: se réconcilier dans l’altérité et y bâtir un monde nouveau.

Le roman de Joël Casséus est sombre, cérébral et complexe. Ses personnages sont tourmentés. Plusieurs d’entre eux souffrent d’exclusion sociale, de discrimination sexuelle, de ségrégation raciale ou de maladie mentale.

Le récit est centré sur Odradek et sa famille: sa femme Ella, son fils Malik; ses parents Christophe et Marie-Louise; son frère Faustin; ses beaux-parents Claude et Majorie. Quelques personnages secondaires sont aussi conviés. Les personnages sont bien typés et leur personnalité respective est bien décrite tout au long de l’histoire.

Les endroits où se déroulent les événements sont bien identifiés et singularisés. Les descriptions des lieux sont minutieuses et réalistes. Les symbolismes de ceux-ci sont explicites.

Le style d’écriture est contrasté. Deux niveaux de langage caractérisent les dialogues, le langage populaire et le langage soutenu. Certaines phrases sont particulièrement très longues, tandis que d’autres sont d’un niveau universitaire. Les rappels historiques et les termes spécialisés sont abondants.

Certes, une œuvre de fiction, mais aussi et surtout un ouvrage à thèse. Les structures sociales sont rigoureusement décrites, de nombreux faits contemporains à l’appui. La problématique de l’identité personnelle liée à l’identité collective traverse tout le récit.

L’épigraphe*, en anglais, est tirée d’une courte nouvelle, La visitation (1934), de l’écrivain polonais Bruno Schulz (1892-1942).

Je complète cette brève recension par cet extrait du roman: «Les livres requièrent de la patience, de la délicatesse. Du temps. Ils survivent dans un monde fragile. Ils se laissent absorber, ils ne se font pas tout simplement lire.»

Références

Casséus, Joël. - Un nouveau monde. - Montréal: Leméac, 2016. - 301p. - ISBN 978-2-760-94731-3. - [Citations, p. 191 et 67-68]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: C848 CASS.M et Casséus C3449m. / L'écrivain Joël Casséus enseigne la sociologie à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM).

* Épigraphe

Citation en français:

Vers cette même époque nous fîmes presque simultanément la même remarque, à savoir que mon père rapetissait de jour en jour, comme une noix qui se dessèche à l’intérieur de sa coquille. […] Nous cessâmes purement et simplement d’en tenir compte, tant il s’était éloigné de tout ce qui était humain et réel.

Schulz, Bruno. - «La visitation». - Traduction du polonais par Georges Lisowski. - Dans Les boutiques de canelle. - Paris: Denoël, 2008 © 1974. - (L’imaginaire / Gallimard, n° 509). - 210p. - ISBN 978-2-07-077087-8. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: SCH et Schulz S388b. - P. 44-52. - [Citation, p. 50 et 52].

Sur la Toile

Lancement «Un monde nouveau» de Joël Casséus (Caroline Dawson, 26 octobre 2016)
L’Histoire des histoires: entrevue avec Joël Casséus (Charlotte Mercille, 14 octobre 2016)
Entrevue avec l’écrivain Joël Casséus (en résidence à la bibliothèque Langelier jusqu’en février 2017) (Culture MHR, 19 septembre 2016)
Joël Casséus (Leméac Éditeur)

Henri Christophe (1767-1820)

Bruno Schulz (Wikipédia)
Bruno Schulz: Les boutiques de cannelle (Olivier Barrot, 14 avril 1992) (Vidéo, 01:45 min)
The Street of Crocodiles (Wikepedia)

Étude de la notion de pauvreté à travers le discours médiatique de la diaspora haïtienne (Joël Casséus, Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures en vue de l’obtention du grade de maîtrise en sociologie, Université de Montréal, 2005)

28 avril 2017

La Grande Expédition américaine de 1838-1842



Nathaniel Philbrick raconte les péripéties innombrables et singulières de la grande exploration scientifique menée par les États-Unis d’Amérique en 1838-1842. À juste titre, l’auteur intitule son livre À la conquête du Pacifique, cette entreprise ayant aussi des buts commerciaux et géopolitiques.

Le récit se lit comme un roman palpitant, de la préface à l’épilogue. Chacune des parties de l’ouvrage porte sur les évènements survenus dans une des régions parcourues par la flotte américaine : récapitulation des explorations antérieures et préparatifs de la nouvelle expédition; découverte et exploration de l’Antarctique; exploration des îles du Pacifique et du territoire riverain de l’Oregon; règlements de compte au retour sur le sol américain et legs laissé à la postérité.

Plusieurs cartes historiques accompagnent le récit, mais elles ne font pas l’objet d’une liste en fin d’ouvrage (pages):

Trajet de l’expédition d’exploration américaine 1838-1842 (16-17)
Première traversée vers le Sud / Février-Mars 1839 (135)
La Grande Mer du Sud (172-173)
L’Antarctique (211)
La terre de Wilkes (236-237)
Les îles Fidji (262-263)
Les îles Hawaii (315)
Le territoire d l’Oregon (350)
L’embouchure du Colombia (351)

Une représentation moderne des navires de l’expédition réunis dans la baie d’Orange, près du cap Horn, en février 1839, est affichée sur les pages 24-25. Ces bateaux font l’objet de maintes descriptions tout au long de leur histoire tumultueuse dans les grands océans.

Plusieurs photos sont regroupées entre les pages 192-193 et 312-313. Elles ne sont pas listées en fin d’ouvrage. Avant de parcourir le récit, le lecteur a tout intérêt à observer les portraits des protagonistes et les illustrations originales de l’expédition.

Une fois les cartes, photos et images consultées, le lecteur peut commencer la lecture d’une des dernières grandes expéditions à voile. Bien que le ton de l’auteur soit souvent moralisateur, son récit est captivant. Il est axé sur les personnages, en particulier sur le commandant de l’expédition, et les obstacles rencontrés. Ceux-ci ont un caractère à la fois naturel et humain. C’est un témoignage vivant sur une époque mouvementée, sur toute une séquence de l’humanité dans sa grande diversité.

Terminons cette recension en citant les propos touchants d’un simple marin de cette expédition, des paroles écrites à la fin de sa vie: «Le marin meurt comme il a vécu. Il n’a d’autre public que ceux qui partagent les mêmes dangers. Il se couche pour mourir loin de chez lui et de ses amis, sans personne pour raconter au monde l’histoire des batailles qu’il a menées si bravement, mais perdues, personne pour être témoin de ses souffrances ou remarquer le courage avec lequel il a affronté la fin.» (Charlie Erskine, Twenty Years Before the Mast, 1896)

Un grand nombre de documents numérisés de l’expédition, dont les cartes géographiques originales de Charles Wilkes (1798-1877), peuvent être consultées en ligne, notamment sur les sites Library of Congress, Harvard University Library et David Rumsey Historical Map Collection.

Référence

Philbrick, Nathaniel. - À la conquête du Pacifique (1838-1842), la Grande Expédition U.S. des mers du Sud. - Traduit de l’anglais par Thierry Piélat. - Paris: JC Lattès, 2005. - 479p. - ISBN 978-2-7096-2363-3. - [Citation, p. 468]. - BAnQ: 910.973 P545a 2005.

Image
Andes - "Andes, near Alparmarca (i.e. Alpamarca), Peru", "Drawing shows a man on horseback, his back to the viewer, facing toward the Andes Mountains. Alfred Agate participated in the Charles Wilkes expedition to western North America, South America, Australia and the South Pacific from 1838 to 1842." "1 drawing : watercolor, gouache, lead white, and ink over graphite underdrawing" - Date between 1838 and 1842 - Author: Alfred Thomas Agate (1812-1846) - Wikipedia Commons.

Carte

1840 (1845) - Antarctique - Chart of the Antarctic Continent Shewing the Icy Barrier Attached to it. Discovered by the U.S. Ex. Ex. Charles Wilkes Esq. Commander. 1840. Eng. by Sherman & Smith, N.Y. (Charles Wilkes) - Images copyright © 2000 by Cartography Associates. Images may be reproduced or transmitted, but not for commercial use. This work is licensed under a Creative Commons License.

Sur la Toile

Learn More About the U.S. Exploring Expedition (The Scientific Legacy of the U.S. Exploring Expedition) (Nathaniel Philbrick)
United States South Seas Exploring Expedition (aka the Wilkes Expedition), 1838-1842 (Harvard University Library)

Article connexe

Dictionnaire de la mer

21 avril 2017

Chefs-d’œuvre de l'art africain

Éloi Rousseau et Johann Protais publient aux Éditions Larousse un livre remarquable sur l’art africain subsaharien. La partie liminaire est constituée par un sommaire et une introduction. Le corps de l’ouvrage compte deux parties: un essai de trente et une pages suivi de la description de quarante-deux chefs-d’œuvre.

L’introduction définit l’art africain correspondant, en fait, à l’Afrique noire. Les caractéristiques de cet art sont ensuite précisées: son unité (importance du fait tribal et ethnique, culture orale, religions animistes), sa diversité (langues, cultures, régions), ses emprunts et apports aux Occidentaux. Une photo d’une fête dogon (Mali) illustre cette introduction.

L’essai porte sur les thèmes suivants:

La découverte de l’art africain
La constitution d’un butin colonial
Le temps de la dignité
Les enjeux politiques actuels
La question de l’art
Les fonctions
Le récit des mythes
L’influence de l’Occident
Les techniques

Plusieurs œuvres illustrent les propos des auteurs: Tête anthropomorphe (Nok, Nigéria), Statuette de femme (Djenné, Mali), Tête qui représente l’usurpateur Lajuwa (Ifé, Nigéria), Masque cimier (Baga, Guinée), Masque du singe noir (Dogon, Mali), Cavalier (Yoruba, Nigéria), Porte (Igbo, Nigéria), Plateau à proverbe (Woyo, Cabinda), Oracle à friction (Kuba, RD du Congo), Poterie de gémellité (Bobo, Burkina Faso), Tambour en forme de buffle (Yangéré, Afrique centrale).

La seconde partie du livre présente chaque chef-d’œuvre sur une double page: la description, à gauche, et la photo de l’œuvre d’art, à droite. Les descriptions sont captivantes. De plus, les éléments notés et expliqués sont très diversifiés:

- types: cimier, harpe, masque, plaque, poids à peser, poulie à tisser, sculpture, statue, statuette, tabouret, tambour, tissu;

- cultures: Akan, Angola, Ashanti, Baga, Bamikélé, Baoulé, Cabinda, Dan, Dogon, Edo, Fang, Fon, Ifé, Kota, Kuba, Luba, Lumbo, Mossi, Punu, Sénoufo, Tsogho, Vili, Yaka, Yangéré, Yoruba;

- pays: Afrique centrale, Anyang, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Ghana, Guinée, Mali, Niger, Nigéria, République démocratique du Congo, Sierra Leone;

- matériaux: bois, bronze, cauri, cire, corne, coton, coquillage, cuir, cuivre, fer, fibre naturelle, fibre végétale, graine, ivoire, kaolin, laiton, métal, miroir,or, peau, perle, pigment, plume, poil d’animal, raphia, résine, textile, tissu, verre;

- collections: British Muséum (Londres), Ethnologisches Museum (Berlin), Horniman Museum (Londres), Institut de recherche en sciences humaines (Niamey), Musée de Grenoble (France), Musée du quai Branly (Paris), Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren, Belgique), Museum of Ife Antiquities (Nigéria); collections particulières, dont celle d’Hervé Poupon.

Quel chef-d’œuvre choisir comme mon favori? Et bien, tous!

Le livre est complété par deux cartes géographiques (pays, ethnies), un glossaire (dix-sept entrées) et les crédits photographiques. Il n’y a pas de carte à la page 46, contrairement à ce qui est annoncé à la page 125. Ce livre de référence n’a pas de bibliographie ni d’index. Toutefois, le livre Description de l’Afrique (1668), par Olaf Dapper, est cité à quelques reprises.

Quel plaisir de découvrir et d’apprécier ces chefs-d’œuvre de l’art africain!

Référence

Rousseau, Éloi; Protais, Johann. - Chefs-d’œuvre de l'art africain. - Paris: Larousse, 2016. - 128p. - ISBN 978-2-03-591009-7. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 709.67 R8643c 2016.

Sur la Toile

Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM)

La collection d’art africain réunit 565 pièces originaires majoritairement de la région subsaharienne. Elle a été fondée en 1940 par le conservateur F. Cleveland Morgan, qui a acheté le premier artéfact pour le Musée: un masque en bronze du Bénin. La collection s’est enrichie de façon significative en 1975 grâce à une donation de quelque 500 pièces, réunies par le prêtre jésuite Ernest Gagnon.

Article connexe

Musée du quai Branly

14 avril 2017

Une histoire des découvertes scientifiques


Avant tout, il a fallu, pour que vous soyez là aujourd’hui, que des billions d’atomes errant au hasard aient la curieuse obligeance de s’assembler de façon complexe pour vous créer. Cet arrangement est si particulier qu’il n’a jamais été tenté auparavant et n’existera qu’une seule fois.

C’est par cette interpellation personnelle que débute l’introduction du livre de Bill Bryson intitulé Une histoire de tout, ou presque... Dans la seconde partie de son introduction, l’auteur explique comment il en est venu à s’intéresser aux grandes questions et à l’histoire des découvertes scientifiques.

Tout au long de son exposé, l’auteur formule un tas de questions auxquelles il donne des réponses. Sinon, à défaut de certitudes, il évoque des hypothèses. Cette démarche rend le récit captivant et fort dynamique.

Les nombreux artisans des avancées scientifiques sont identifiés et leurs contributions respectives soulignées au fur et à mesure du déroulement des découvertes historiques. Un très grand nombre des chercheurs cités dans l’ouvrage sont anglo-saxons, plusieurs d’entre eux étant par ailleurs très fortunés. Des anecdotes sur la personnalité des découvreurs et sur leur vie familiale pimentent le récit.

Voyons un aperçu du contenu de cet ouvrage de vulgarisation sur plusieurs sciences, depuis les Temps modernes jusqu’à nos jours: astronomie, biologie, chimie, géologie, météorologie, paléontologie, physique et autres sciences apparentées.

Partie I - Perdus dans le cosmos

Le premier chapitre porte sur la naissance de l’Univers expliquée par les théories du Big Band et de l’inflation. Au cours de cette expansion originelle, les quatre forces fondamentales de l’Univers ont émergé: la gravité, l’électromagnétisme, les forces nucléaires forte et faible. Le devenir hypothétique de l’Univers est ensuite envisagé en fonction de la théorie de la relativité. Les nombres émaillant les explications donnent le vertige.

Le chapitre 2 porte sur le système solaire. La découverte problématique de Pluton est d’abord présentée. La notion d’espace est ensuite abordée en prenant comme exemple la distance nous séparant du nuage d’Oort. Des considérations sur la probabilité de vie humaine ailleurs dans l’Univers sont ensuite évoquées.

Le chapitre 3 porte sur les étoiles à neutrons et l’importance des supernovæ. Celles-ci ont rendu possible la formation de plusieurs éléments lourds, par exemple le carbone et le fer. La genèse de la Terre est ensuite expliquée.

Partie II - La taille de la Terre

Le chapitre 4 est très technique. Dans un premier temps, il traite des lois de Newton, ainsi que des expéditions françaises dans les Andes et en Scandinavie pour mesure la circonférence de la Terre. La seconde partie du chapitre porte sur le calcul de la masse de la Terre.

Au chapitre 5, avec beaucoup d’humour, Bryson relate les débuts de l’histoire de la géologie. Ces péripéties font ensuite place aux débats sur la datation des temps géologiques, y compris l’âge de la Terre.

Le chapitre 6 est consacré aux premières découvertes de fossiles de dinosaures, tant en Angleterre qu’aux États-Unis d’Amérique. L’auteur s’attarde particulièrement sur les vives rivalités entre les pionniers de la paléontologie.

Le chapitre 7 relate les découvertes d’un grand nombre d’éléments chimiques par des chercheurs souvent déconcertants. La classification rigoureuse de ces éléments dans un tableau périodique par Mendeleïev est bien expliquée. Le chapitre se termine par la découverte de la radioactivité par Marie et Pierre Curie.

Partie III - À l’aube d’un nouvel âge

Le chapitre 8 explore la structure de l’Univers, notamment grâce aux découvertes de Planck (thermodynamique), Einstein (théorie de la relativité) et Hubble (existence d’autres galaxies que celle de la Voie lactée).

Dans une tout autre dimension, le chapitre 9 porte sur la structure atomique de la matière. Les péripéties de l’émergence de la physique quantique sont relatées avec nombre d’exemples susceptibles de nous faire comprendre le monde subatomique.

Les méthodes de datation des matériaux anciens (carbone 14 et électroluminescence) et des roches (vitesse de désintégration de l’uranium en plomb et spectrographe de masse) font l’objet du chapitre 10. Bien plus, ce chapitre est consacré aux utilisations néfastes du plomb depuis le début du 20e siècle, surtout par l’industrie automobile.

Le chapitre 11 porte sur la physique des particules, un monde qui dépasse l’entendement. Dans ce contexte pointu, l’auteur aborde les collimateurs d’atomes, le modèle standard du monde subatomique et plusieurs théories, dont celle des cordes. La seconde partie établit l’âge de l’Univers selon les dernières avancées des astronomes.

Intitulé La Terre bouge, le chapitre 12 décrit les découvertes à l’origine de la théorie de la dérive des continents et de la nouvelle science de la tectonique des plaques.

Partie IV - Dangereuse planète

Le chapitre 13 porte sur la théorie de l’impact, celle qui expliquerait l’extinction subite des dinosaures. Deux points sont longuement abordés: le cratère de Manson et les conséquences catastrophiques d’un éventuel impact d’un astéroïde ou d’une comète sur la Terre. Par contraste, le chapitre 14 traite de la constitution interne de la Terre. Le chapitre suivant décrit les caractéristiques époustouflantes du supervolcan Yellowstone.

Partie V - La vie elle-même

Le chapitre 16 illustre la fragilité du genre humain, tout en précisant les facteurs favorables à l’apparition et au maintien d’une forme de vie complexe sur la Terre. Le chapitre suivant porte sur les phénomènes atmosphériques et océanographiques. Le chapitre 18 est consacré au cycle de l’eau, à la vie dans les abysses, à la découverte des sources hydrothermales et à la surpêche.

Le chapitre 19 relate les premières étapes de la vie échelonnées sur plusieurs milliards d’années: bactéries, cyanobactéries, stromatolites, mitochondries, eucaryotes. Le chapitre suivant s’attarde au classement des organismes vivants, aux bienfaits inestimables et indispensables des microbes, aux infections et aux antibiotiques. Les maladies dues à des virus sont ensuite étudiées, par exemple l’épidémie de la grippe espagnole en 1918.

Le chapitre 21 rapporte les spéculations relatives à l’explosion du Cambien, notamment sur les trilobites fossiles des schistes de Burgess. Le chapitre suivant représente l’histoire de la vie au cours d’une journée fictive. Ensuite, l’auteur fait état des grandes et petites extinctions, des transformations consécutives à ces catastrophes et à la pérennité hasardeuse de la vie. Le chapitre 23 est consacré à la taxonomie et à la diversité de la vie végétale et animale.

Le chapitre 24 porte sur la cellule: les étapes de sa découverte, sa composition (membrane, cytoplasme, noyau), et sa description par Bryson faite avec beaucoup d’humour et nombre d’analogies. Le chapitre suivant a trait aux théories de Darwin et de Mendel. Le chapitre 26 relate les découvertes de l’acide désoxyribonucléique (ADN) et l’acide ribonucléique (ARN), et conclut par l’assertion suivante: «La vie est une».

Partie VI - Le chemin vers nous

Le chapitre 27 porte sur la glaciation et les périodes glaciaires. Le chapitre suivant porte sur la préhistoire humaine. Les découvertes de fragments osseux, par exemple celles de l’homme de Java, de l’enfant de Taung, de l’homme de Pékin et de Lucy, donnent lieu à de multiples hypothèses et de vifs débats. L’auteur s’attarde ensuite à l’Homo habilis et l’Homo erectus.

Le chapitre 29 porte sur l’apparition de la première technologie, la fabrication de petites haches. Ensuite, il évoque la dispersion des hominidés en deux vagues, depuis le foyer africain: l’Homo erectus (± 2 millions d’années) et l’Homo sapiens (± 100 000 ans). Tout le chapitre fourmille d’hypothèses sur l’évolution de nos ancêtres.

Le dernier chapitre est à la fois factuel et moralisateur. Dans un premier temps, il décrit l’extinction systématique d’animaux, entre autres, par l’homme. Dans un second temps, il rappelle l’heureux hasard de l’existence de la vie sur notre planète. Citons une phrase conclusive de l'auteur: « C’est une pensée troublante de se dire que nous pouvons être l’achèvement suprême du monde vivant et son pire cauchemar à la fois.»

Le livre est complété par les notes, une bibliographie de vingt pages comprenant quelques titres traduits en français, et les remerciements d’usage. Il n’y pas d’index.

Références

Bryson, Bill. - Une histoire de tout, ou presque... - Traduit de l'anglais par Françoise Bouillot. - Paris: Payot & Rivages, 2009. - 648p. - [Citation liminaire, p. 11]. - ISBN 978-2-2289-0218-2 - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 500 B916h 2007 et 500 B9166h 2009.

Bill Bryson / Microblogue - Wikipédia - Encyclopedia.com

Image

Gravitational Waves Detected 100 Years After Einstein's Prediction (An artist's impression of gravitational waves generated by binary neutron stars. Credits: R. Hurt/Caltech-JPL) (NASA/JPL, 11 février 2016)

Sur la Toile

Prise de position pragmatique et nuancée sur l’univers (Paul Journet, La Presse, 12 mars 2017) - [La collision de deux trous noirs sert d’amorce aux propos de l’éditorialiste.]

Sciences / Techno (La Presse)

07 avril 2017

Les explorateurs belges (1253-1934)


Un livre magnifique, au titre étonnant, produit par le philosophe et politicologue Alban van der Straten.

Dans l’introduction, l’auteur explique d’abord son intérêt envers les explorateurs belges. Il indique ensuite les trois critères de sélection retenus pour le choix des explorateurs présentés dans son livre: 1° l’existence d’un témoignage; 2° la nature pionnière de l’exploration; 3° l’identité belge (au sens large du terme) de l’explorateur. Enfin, il esquisse le contenu de chacune des six parties de son ouvrage.

Une introduction générale précède chacune des parties de l’ouvrage. La première porte sur les précurseurs du Moyen-Âge et de la Renaissance, dont Guillaume de Rubrouck. La partie suivante est consacrée aux navigateurs du Siècle d’or néerlandais, à l'exemple de Jacob le Maire et Jacques l’Hermite. Des missionnaires jésuites en Chine font l’objet de la troisième partie: Nicolas Trigault, Albert d’Orville, Ferdinand Verbiest et Antoine Thomas. La quatrième partie est dédiée aux pionniers de l’Amérique du Nord, comme Louis Hennepin et Jean-Nicolas Perlot. Viennent ensuite les explorateurs du Congo, dont Ernest Cambier. La dernière partie présente quelques explorateurs plus individualistes des 19e et 20e siècles, tels Eugène de Pruyssenaere (recherche de la source du Nil), Paul Splingaerd (carrière étonnante en Chine), et Constant De Deken (exploration du Tibet).

À titre d’exemple, citons un passage de l’introduction du chapitre relatif aux pionniers de l’Amérique du Nord: «Les récits d’exploration en disent souvent plus sur leurs auteurs, leurs a priori et leur public qu’à propos des peuples et des pays qu’ils prétendent décrire. En lisant entre les lignes, en passant leurs révélations au crible de la critique historique, on voit que l’image qui se dessine est plus nuancée qu’il n’y paraît de prime abord.»

Les portraits des explorateurs sont présentés d’une façon captivante selon la disposition suivante: illustration de l’explorateur, sur la page initiale du chapitre; nom de l’explorateur, années de naissance et de décès, titre accrocheur; exposé enthousiaste illustré par des extraits de témoignages et des illustrations. Celles-ci sont abondantes, comprenant notamment des documents cartographiques. Sauf exception, ces images sont dans le domaine public.

Le livre est complété par une conclusion, une bibliographie, les notes et les références iconographiques. La table des matières détaillée est insérée en début d’ouvrage.

Ce livre nous introduit dans le monde merveilleux des explorateurs belges et des grandes explorations européennes à travers les siècles, parmi les océans et les continents. L’auteur souligne les exploits de ces personnages sans pour autant taire leurs faiblesses et leurs erreurs, et pour certains leurs crimes, dans le contexte du colonialisme et de l’impérialisme européens.

Référence

Van der Straten, Alban. - Les explorateurs belges. De Guillaume de Rubrouck à Adrien de Gerlache. - Bruxelles: Mardaga, 2016. - 400p. - ISBN 978-2-804-70275-5. - [Citations, p. 223, 381]. - BAnQ: 910.94930922 V2286e 2016.

Carte

1688 - Amérique du Nord - Nouvelle Decouverte d'un tres grand Pays, situe dans L'Amerique, entre le Nouveau Mexique et la Mer Glaciale / Louis Hennepin - Wikipedia. - [Carte reproduite aux pages 232-233, dans le chapitre intitulé Le vantard du Mississippi, p. 230-241]

Articles connexes

La nouvelle nature des cartes
Le nouvel impérialisme

31 mars 2017

Une enquête de la police des rennes


Quand il se tourna vers le sommet de la Montagne rouge, il admit qu’elle méritait son nom. Toutes les variétés de rouge semblaient s’y agréger dans un fourmillement de sang.

Le polar d’Olivier Truc débute par une séance d’abattage dans l’enclos à rennes de la Montagne rouge. Le site est situé tout près du village suédois de Funäsdalen, dans une région limitrophe de la Norvège. Au cours de cette opération, sous une pluie diluvienne, un squelette humain est découvert d’une façon inopinée.

Nina Nansen et Nango Klemet, enquêteurs de la police des rennes, sont chargés de l’enquête dans le contexte d’une intense rivalité entre éleveurs de rennes, d’une part, et bûcherons et paysans, d’autre part. Ce conflit séculaire fait d’ailleurs l’objet d’un procès déterminant à la Cour suprême.

Tout au long du récit, le lecteur découvrira la riche personnalité de l’éleveur de rennes Petrus Eriksson, chef de sameby, ainsi que les exactions historiques subies par les Samis, autochtones suédois connus autrefois sous le nom de Lapons.

Outre le paysage nordique, le lecteur découvrira aussi les ravages de l’eugénisme au cours des 19e et 20e siècles, le commerce local et international des os humains, en plus d’un certain racisme méconnu au sein de la société suédoise.

Le lecteur est tenu en haleine par la multiplication des intrigues et les rebondissements étonnants d’un grand nombre de péripéties. Des personnages contrastés sont décrits d’une façon minutieuse.

Une lecture captivante. Une lecture instructive sur l’histoire millénaire des Samis et l’histoire noire de la Suède.

Référence

Truc, Olivier. - La Montagne rouge. - Paris: Éditions Métailié, 2016. - 499p. - ISBN 979-10-226-0522-9. - [Citation, p. 428]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 848.9 TRUC.M et Truc T865m.

Images

Photo (détail) - Claude Trudel 2016

Carte (détail) - Sveriges Kommunikationers karta över Sverige (1927) - Sveñska Tryckeriaktiebolagel (Stockholm) - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Sur la Toile

La Montagne rouge: Olivier Truc, coureur de toundra, fils du vent et de la nature (Cécile Pellerin, ActuaLitté, 17 octobre 2016)
"La Montagne rouge", le nouveau polar passionnant d'Olivier Truc (Entrevue de Bernard Lehut avec Olivier Truc, RTL, 24 octobre 2017) (Audio, 16:23 min)
Juste avant Noël, la police des rennes est de retour! (Karine Vilder, Le Journal de Montréal, 12 novembre 2016)
Olivier Truc et ses fourberies suédoises (Michel Bélair, Le Devoir, 18 février 2017)

La Suède face à l'eugénisme (Le Nouvel Observateur, 29 mars 2000)
Le sami en Suède (Institut de Sociolingüística Catalana)
The Sami (Michael Wills, 11 janvier 2013)
The History of Mining and Inroads in Samiland and Their Effect on the Sami (Sami Culture, The University of Texas at Austin)

24 mars 2017

Osez l’abstrait


La peinture abstraite n’enlève rien à la valeur de l’Art ancien, ni à la peinture figurative, mais elle représente un nouveau domaine riche de possibilités et en pleine exploration.

Dans son livre sous-titré La technique au service de l’expression personnelle, Juliana Schack propose une initiation aux divers procédés de l’abstration. Dans son introduction, elle explique les fondements de sa démarche, en plus de présenter le matériel requis pour pratiquer la peinture abstraite.

Chacun des dix-sept chapitres du guide pratique est ainsi constitué: titre, sous-titre, encadré (sujet, technique, recherche, matériel), et exposé illustré par plusieurs dessins.

Passons en revue les sous-titres évocateurs de ces divers chapitres:

Le trait et le souffle
Colorier ses dessins
La qualité du trait
S’inspirer des objets
Les traces de la brosse, l’écriture du pinceau
Un jeu créatif
Le collage
Le cercle des couleurs et les couleurs primaires
Des découvertes sur la palette et sur la table de travail
Créer des reliefs
S’inspirer de la musique et de la danse
Oser peindre comme si on dansait
S’inspirer de l’architecture
S’inspirer de ses croquis
Faire des expériences à l’ordinateur
L’abstrait se trouve partout
Utiliser des documents avec liberté

Le livre est complété par une conclusion intitulée La joie de peindre.

Un livre captivant. Un livre utile aussi bien pour s’initier à la peinture abstraite que pour mieux apprécier les tableaux abstraits.

Référence

Schack, Juliane. - Osez l’abstrait. La technique au service de l’expression personnelle. - Paris: Ulisséditions, 2015. - 80p. - ISBN 978-2-844-15-221-3. - [Citation, p. 5]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 751.4 S et 700 S.

Image

Détail d’une toile peinte au cours d’un atelier de création, au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), par Claude Trudel.

17 mars 2017

Amérique / Cartes marines du 18e siècle


Cette carte marine de 1794, publiée par l’éditeur britannique Laurie & Whittle, peut être considérée comme une synthèse sur les explorations depuis la fin du 16e siècle jusqu’à la fin du 18e siècle, soit une période de deux siècles de navigation et de découvertes.

Il s’agit d’une mise à jour d’une carte dressée à l’origine par John Green et éditée par Thomas Jefferys en 1753: A chart of North and South America, including the Atlantic and Pacific Oceans, with the nearest coasts of Europe, Africa and Asia.


Le titre et les types d’éléments figurant sur ces cartes sont semblables. Ainsi, les titres sont identiques et les éléments suivants se retrouvent sur les deux cartes: des sources documentaires, les latitudes et les longitudes, avec les méridiens d’origine de Londres et de l’île de Fer, des tableaux comparatifs des distances, les itinéraires maritimes des explorateurs, des commentaires critiques, etc.

Par contre, plusieurs informations relatives aux explorations et aux données comparatives des tableaux sont différentes. Plusieurs divisions territoriales sont aussi différentes. Par exemple, sur la carte de 1753, la Nouvelle-France s’étend sur une grande partie de l’Amérique du Nord, tout en étant pratiquement encerclée par des possessions anglaises. Sur la carte de 1794, les limites du Québec sont celles définies par la Proclamation royale de 1763, alors que celles de l’Acte constitutionnel de 1791 devraient plutôt y figurer. Toutefois, les frontières de la nouvelle République des États-Unis d’Amérique, reconnue par le traité de Paris de 1783, sont bien indiquées sur cette carte.

Attardons-nous maintenant à la carte publiée par Laurie & Whittle.

Comme il s’agit d’une carte marine, les informations relatives à la navigation sont nombreuses et bien identifiées: océans, îles, caps, baies, cours d’eau, ports, passages, réseaux hydrauliques, etc. Les itinéraires maritimes sont tracés et datés, avec les noms d’explorateurs ou de navires. Outre les nombreuses images de bateaux, plusieurs éléments maritimes sont illustrés sur la carte: sens des courants, rochers, bancs de pêche, lieux sablonneux, etc. Des remarques ont trait à la température, à la présence de baleines et de glace.

La typographie joue un rôle important, par exemple la taille et les polices de caractères varient en fonction de l’importance des noms de pays et de régions. Les signes sont nombreux. Les montagnes sont illustrées par des traits en pointe. Les frontières sont tracées par des lignes pointillées. Les noms des capitales sont doublement soulignés, tels Paris, Londres et Madrid. Les principales villes européennes sont rapportées dans le coin inférieur gauche de la carte. Les limites septentrionales sont précisées par des lignes, en Asie selon des cartes marines anglaises et en Amérique du Nord selon une carte japonaise.

La toponymie fait l’objet de remarques, par exemple l’île de Pâques. Plusieurs peuples amérindiens sont localisés sur la carte, dont les Esquimaux, les Algonquiens et les Iroquois. Peu de toponymes sont inscrits à l’intérieur des continents.

Produite à la fin du siècle des Lumières, cette carte est basée sur de nombreuses sources documentaires. Elle se caractérise aussi par son souci d’exactitude attesté par des commentaires critiques, par exemple la remarque sur l’île du Brésil au large de l’Irlande. Par contre, elle reproduit encore des lieux imaginaires comme la rivière de l’Ouest se jetant dans le Pacifique, une nouvelle mer au cœur du Labrador et un passage traversant le Groenland.

Cette carte pourrait faire l’objet d’une analyse exhaustive étant donné les abondantes informations factuelles et les divers commentaires critiques qu'elle contient, entre autres sur les explorations maritimes et les relevés comparatifs des coordonnées géographiques affichées dans les tableaux.

Cartes

1753 - Amérique - A chart of North and South America, including the Atlantic and Pacific Oceans, with the nearest coasts of Europe, Africa and Asia (John Green et Thomas Jefferys) - Source: David Rumsey Historical Map Collection.

1794 - Amérique - A chart of North and South America, including the Atlantic and Pacific Oceans, with the nearest coasts of Europe, Africa and Asia (Laurie & Whittle) – Source: Gallica / Bibliothèque nationale de France (BnF).

10 mars 2017

Plan de Saint-Pétersbourg en 1727


À peine vingt-quatre ans après sa fondation par le tzar Pierre le Grand (1672-1725), et quinze ans après avoir été désignée capitale de l’Empire russe, la ville de Saint-Pétersbourg affiche déjà son aménagement distinctif. Examinons ce document remarquable en trois temps: l’analyse des éléments du plan, l’urbanisation du site et le contexte géopolitique.

Les éléments du plan

Le plan de 1727 se caractérise par son cartouche de titre ornementé, ses espaces coloriés et ses divers éléments cartographiques.

Sur un parchemin déroulé, le cartouche de titre contient le titre, la légende, l’échelle et le nom de l’auteur du manuscrit.

Le titre du document est décliné en quatre séquences : 1° Plan (nature du document), 2° de la Ville et du Fort de St Petersbourg (double sujet du plan), 3° Nouvelle Capitale et Résidence des Empereurs de Russie (importance de l’espace cartographié), 4° Batie par l'Empereur Pierre I sur quelques Isles du Golfe de Finlande à l'Embouchure de la Rivière de Neva (origine et localisation de la nouvelle capitale russe).

La légende porte sur la localisation de trente-deux édifices. Cette liste n’est pas exhaustive, car plusieurs autres sites sont identifiés directement sur le plan.

L’échelle graphique, exprimée en toises de Moscovie, correspond à une très grande échelle numérique d’environ 1:2 225.

La signature Schaffer L. apparaît à la fin du cartouche de titre. On peut présumer qu’elle identifie l’auteur du manuscrit.

Les couleurs utilisées sur le plan ne bénéficient pas d’une notice dans la légende. Par contre, elles correspondent aux éléments suivants : vert pâle et foncé > cours d’eau et rives; brindilles sur fond vert pâle > marais; petites ovales verticales > arbres; lignes noires > fortifications, rues et chemins; rouge > constructions; vert pâle > jardins.

Le type de projection est absent, mais une rose des vents indique que le plan est orienté vers le nord géographique (NNO).

L’analyse du plan permet de découvrir les traits caractéristiques de Saint-Pétersbourg, des singularités apparues dès sa fondation et maintenues pendant deux siècles.

L’urbanisation du site

Saint-Pétersbourg a été construite sur des îles du delta de la rivière Neva, une région marécageuse du golfe de Finlande, comme le précise d’ailleurs le titre du plan. Plusieurs de ces îles sont identifiées sur le plan, dont celle du Lièvre [entièrement occupée par la forteresse Pierre-et-Paul], de Saint-Pétersbourg et de l’Amirauté. Le zonage de la nouvelle ville est variable, certaines parties étant occupées, inhabitées ou planifiées (grande île occidentale Vassilievski).

La présence de fortifications s’explique par le contexte historique de la fondation de la ville, soit la guerre du Nord (1700-1721) entre les empires de Russie et de Suède. Dès la conquête de l’embouchure de la Neva, en 1703, les Russes édifient la forteresse Pierre-et-Paul. Sur l’île de l’Amirauté, le chantier des grands navires est fortifié en 1708 (lettre V dans la légende et sur le plan).

Plusieurs groupes ethniques sont concentrés dans des quartiers distincts: Allemands, Finlandais, Moscovites et Tartares. Les diverses activités commerciales sont dispersées: port des frégates, corderie, basserie et taverne, moulins, boucherie, marchés, magasins, etc. La navigation fluviale est illustrée par deux embarcations sur la Neva.

Quelques institutions politiques et services publics sont indiqués dans la légende et localisés sur le plan: résidences impériales, ancienne et nouvelle chancellerie, palais et maisons des sénateurs et des seigneurs (bojares); douanes, hôpital, cimetières, académie, imprimerie, hôtelleries, églises de différentes confessions, etc.

Le réseau routier est bien développé dans les zones habitées et esquissé en banlieue, comme en témoignent l’aménagement de routes et la construction de ponts. À titre d’exemple, la perspective Nevski est percée dans la forêt au cours des années 1710 pour relier l’arsenal, construit de 1705 à 1708, au couvent Saint-Alexandre, dont la construction débute en 1712.

Le contexte géohistorique

Le cadre du plan délimite la surface représentée, soit celle de la ville de Saint-Pétersbourg et de ses environs. Les deux cartes suivantes situent la capitale impériale dans son contexte régional et dans l’Empire russe. On y trouve presque tous les éléments cartographiques susceptibles d’être analysés.

La carte du golfe de Finlande est bilingue (allemand et russe). Elle a été dressée par Matthaeus Seutter:


La carte de l’Empire russe a été dressée en 1722 par le célèbre cartographe français Nicolas de Fer. Elle présente l’état des connaissances géographies sur une grande partie de l’Asie au début du 18e siècle, avec plusieurs commentaires inscrits directement sur les territoires représentés:


Ces trois plans remarquables nous permettent de découvrir les origines historiques de la célèbre ville de Saint-Pétersbourg.

Cartes

1727 - Saint-Pétersbourg - Plan de la Ville et du Fort de St Petersbourg, Nouvelle Capitale et Résidence des Empereurs de Russie, Batie par l'Empereur Pierre I sur quelques Isles du Golfe de Finlande à l'Embouchure de la Rivière de Neva. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (BnF).

18e siècle - Saint-Pétersbourg et ses environs - Accurata delineatio sinus finnici Cronstadio Petropolin usque una cum locis amoenis in litore ejus exstructis ad exemplar Petropolitanum calamo expressit / Matthaeus Seutter, cartographe et éditeur. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (BnF).

1722 - Empire russe - Les états du czar ou empereur des Russes en Europe et en Asie, avec les routes qu'on tient ordinairement de Moscow a Pekim / dressé sur les mémoires de Nicolas. Witzen, Evart Esbrand, le P. Avril et autres par Nicolas de Fer, Evart Esbrand et Philippe Avril. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (BnF).

Cartes complémentaires

18e siècle - Trois vues sur Saint-Pétersbourg - [Trois vues de Saint-Pétersbourg: prospect de l'Amirauté du côté de la rivière ; vue de la Chancellerie de la cour; prospect du Palais du grand amiral] - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (BnF).

1717 - Saint-Pétersbourg - Plan de la nouvelle ville de Petersbourg / par Nicolas de Fer, ... Toises de Moscovie 600 / Éditeur: chez l'auteur (Paris). - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (BnF).

1720 - Saint-Pétersbourg - An. 1703 an der Spitze der Ost-See auf etlichen Insuln bey dem Ausflus des Neva-Stroms erbaut and zur Aufnahm der Handelschafft und Schiffarth für die Russische Nation mit einer mächtigen Flotte versehen worden... / Homann, Johann Baptist Homann, cartographe / Éditeur: J.B. Homann (Nürnberg). - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (BnF).

Guides touristiques

Kracheninnikova, Julia. - Saint-Pétersbourg. - Paris: Gallimard, 2012. - 323p. + planches. - (Encyclopédies du voyage). - ISBN 978-2-74-243132-8.

Phillips, Catherine; Rice, Christopher; Rice, Melanie. - Saint-Pétersbourg. - Montréal: Libre Expression, 2012. - 264p. + planches. - (Guides Voir). - ISBN 978-2-7648-0811-5.

Lecture complémentaire

Fédorovski, Vladimir. - Le Roman de Saint-Pétersbourg. Les amours au bord de la Néva. - Paris: Librairie générale française, 2005. - 316p. - (Livre de poche, n° 15610). - ISBN 978-2-253-15610-8. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 947.21 F et Fédorovski F294r.

Article connexe

Atlas de la Russie (Ian Barnes)

03 mars 2017

L’hiver du commissaire Ricciardi

Au début du 18e siècle, Antonio Vivaldi compose les Quatre saisons. Trois siècles plus tard, Maurizio de Giovanni écrit les quatre saisons du commissaire Ricciardi. J’ai lu la première, l’Hiver.


Naples, le 25 mars 1931, en la neuvième année de l’ère fasciste. Le célèbre chanteur Arnaldo Vezzi est assassiné au Théâtre royal San Carlo. Le commissaire Luigi Alfredo Ricciardi, secondé par le brigadier Raffaele Maione, se rend sur le lieu du crime. L’enquête commence.

Le plan de Naples (1930) ci-dessus permet de localiser les lieux figurant dans le roman, dont le Theatro San Carlo en D5.

L’incipit commence par un monologue surprenant, intrigant, énigmatique. Son sens se révélera au cours du récit, à la lumière de quelques autres monologues similaires.

Dans les quatre premiers chapitres, l’auteur nous fait découvrir la ville de Naples pendant l’entre-deux-guerres. Une ville divisée en deux par une frontière invisible, la via Toledo: d’un côté, les quartiers riches des nobles et des bourgeois et, de l’autre, les quartiers populaires. «La ville rassasiée et la ville affamée, la ville des fêtes et celle du désespoir.» C’est aussi dans ces chapitres que le lecteur apprend à découvrir l’histoire personnelle et professionnelle du protagoniste, depuis son enfance jusqu’à sa nomination de commissaire. L’attachement mutuel entre celui-ci et son subalterne Maione est aussi mis en perspective.

Les chapitres suivants sont consacrés à la scène du crime, à l’interrogatoire rapide du personnel et à l’enregistrement des noms des spectateurs. Le lieu du meurtre et certains membres du personnel, ainsi qu’un spectateur singulier, sont décrits avec beaucoup de minutie. Le lecteur peut alors observer et noter les traits de personnalité et la méthode de travail de Ricciardi.

À partir du chapitre 12, soit au lendemain de l’assassinat du ténor, l’enquête s’approfondit dans un contexte particulier. Le style d’écriture est alerte et les dialogues savoureux. Par ailleurs, les commentaires du narrateur soutiennent le déroulement des actions. Mais n’en disons pas davantage. Laissons au lecteur le plaisir de découvrir par lui-même intrigues, péripéties et dénouement poignant.

Au plaisir de lire la prochaine saison, celle du Printemps

Référence

De Giovanni, Maurizio. - L’Hiver du commissaire Ricciardi. - Traduit de l’italien par Odile Rousseau. - Paris: Payot & Rivages, 2011 © 2007. - 269p. - (Rivages/noir, n° 831). - ISBN 978-2-7436-2255-8. - [Citation, p. 27]. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: DEG et De Giovanni D3179h.

Carte

1930 - Plan de Naples - Pianta di Napoli / Istituto geografico De Agostini (Novara). - [Ce plan permet de localiser les lieux figurant dans le polar, dont le Théâtre San Carlo en D5]. - Source: gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

24 février 2017

Nigéria / Amzat Boukari-Yabara

Les catastrophiques extractions pétrolières dans le delta du fleuve Niger, les attaques meurtrières de la secte Boko Haram et les nombreuses grèves étudiantes au Nigéria m’ont incité à rechercher et à lire une synthèse sur ce pays. À cet égard, le livre Nigéria du chercheur et historien Amzat Boukari-Yabara s’est avéré tout indiqué.

L’ouvrage est d’une facture encyclopédique, tant par l’agencement de ses informations que par son style d’écriture. Précédé d’une introduction, il compte cinq chapitres abordant chacun un double thème: histoire et géographie, peuples et société, pouvoir et politique, économie et développement, éducation et culture. Des encadrés précisent certaines données marquantes tels la guerre du Biafra, les sociétés secrètes, les réseaux sociaux, les trafics humains, la charia, le pétrole, l’aménagement des villes, l’art royal du Bénin, les arts visuels et la musique. Une carte, un résumé et une bibliographie sont insérés à la fin de chaque chapitre. Le livre est complété par une conclusion, une bibliographie (livres et sites) et un index.

Le chapitre initial présente l’histoire ancienne, moderne, coloniale et contemporaine du Nigéria. Cette fresque historique est suivie d’informations géographiques: la démographie, les limites territoriales, le relief et le climat, la géopolitique.

Le chapitre suivant aborde différentes facettes déterminantes de la société nigériane: la diversité ethnique (plus de 250 peuples, dont les trois prédominants: Haoussa, Yoruba, Ibo), les statistiques démographiques, la situation sanitaire (maladies), la mosaïque religieuse, les inégalités économiques, les manifestations populaires, les télécommunications et les médias, la discrimination envers les femmes.

Le troisième chapitre porte sur les principaux enjeux politiques: les constitutions successives et les périodes dictatoriales, le système fédéral, la problématique de la sécurité intérieure et les relations internationales.

Le quatrième chapitre fait état de la situation économique: le commerce transfrontalier et mondial, le secteur bancaire et financier, les ressources minières (dont le pétrole et le gaz naturel), les problèmes énergétiques (réseaux pétroliers et électriques), l’agroalimentaire (agriculture, élevage, pêche), l’aménagement du territoire (urbanisme, transports).

Le dernier chapitre est consacré à la vie intellectuelle: le système éducatif, le patrimoine culturel (lettres et arts), la politique culturelle, les activités et productions culturelles (musique, cinéma, sports).

Tout au long de son exposé, l’auteur relève les grands défis auxquels le Nigéria est confronté, tout en soulignant les ressources humaines et matérielles dont disposent les Nigérians pour les relever.

Un ouvrage synthèse exemplaire et captivant! Une ressource documentaire inestimable!

Référence

Boukari-Yabara, Amzat. - Nigéria. - Bruxelles: De Boeck, 2013. - 114p. - (Monde arabe / Monde musulman). - ISBN 978-2-8041-8145-1. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 966.9 B762n 2013.

Auteur

Amzat Boukari-Yabara (Centre d’études africaines / ÉHESS)
Amzat Boukari-Yabara (Africultures)
Publications d’Amzat Boukari-Yabara (Cairn)
Walter Rodney (1942-1980) (Thèse d’Amzat Boukari-Yabara)

Références complémentaires

Cartes (au lendemain de l’indépendance)

1961 - Nigéria – Nigeria [Moyens de transport et principaux groupes ethniques] - Central Intelligence Agency (Gouvernement des États-Unis d’Amérique) - Library of Congress
1962 - Nigéria - Nigeria, administrative divisions - Central Intelligence Agency (Gouvernement des États-Unis d’Amérique) - Library of Congress

Livre (exploitation du pétrole dans le delta du fleuve Niger)

Klein, Naomi. - Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique. - Montréal: Lux, 2016 © 2015. - 696p. - (Pollux). - ISBN 978-2-89596-238-0. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: 363.73874 K644t 2016. - Voir: Opération changement climatique, p. 397-403.

Sur la Toile

Chronologie du Nigéria (Ritimo)
Nigéria (Perspective monde) (Université de Sherbrooke)
Nigéria (Chronologie depuis 1960) (Université de Sherbrooke)

17 février 2017

Pavillon pour la Paix / MBAM


Un superbe livre édité par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), sous la direction de Nathalie Bondil: Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, Art international et éducation: Atelier international d'éducation et d'art-thérapie Michel de la Chanelière.

Ce livre grand format compte trois parties.

La partie liminaire contient 1° des messages de Philippe Couillard, Jacques Parisien, l’Association des bénévoles du MBAM, Michal et Renata Hornstein et Michel de la Chenelière; 2° des exposés de Nathalie Bondil (Pavillon pour la Paix, Manifeste pour un musée des beaux-arts humaniste), des réflexions personnelles d’Hilliard T. Goldfarb sur les collectionneurs et mécènes Michal et Renata Hornstein, ainsi qu’un entretien avec Michal Hornstein; 3° les remerciements, dont l’allocution que Michal et Renata Hornstein devaient livrer lors de l’inauguration du pavillon.

La deuxième partie de l’ouvrage, la plus considérable, est constituée de planches annotées par les conservateurs Nathalie Bondil (NB), Sylvain Cormier (SC), Hilliard T. Goldfarb (HTG), et la documentaliste France Trinque (FT).

Sous forme de liste, la troisième partie présente d’une façon illustrée et chronologique les œuvres offertes au MBAM par Michal et Renata Hornstein. Cette dernière partie est complétée par des notices sur le droit d’auteur et les crédits photographiques.

Dans ses notes sur le Pavillon pour la Paix, Nathalie Bondil, directrice du musée, situe la création de cet édifice dans son contexte historique, rend hommage au couple Hornstein pour leur vie courageuse et leur altruisme envers la communauté montréalaise, souligne l’importance des dons financiers et artistiques des Hornstein au MBAM, présente le récit continu d’art international par le déploiement de 800 œuvres sur quatre des six étages du nouveau pavillon, explique la singularité de l’Atelier international d’éducation et d’art-thérapie Michel de la Chenelière, décrit les caractéristiques architecturales du Pavillon pour la paix tout en s’attardant au Sentier de la Paix.

Parmi les œuvres reproduites et décrites dans le livre, soulignons celles-ci:

Portraits de mariage (1574), Pieter Jansz. Pourbus (HTG)
Vue d’un village en hiver (fin des années 1620), Joos de Momper le Jeune et Jan Bruegel le Jeune (HTG)
Grand paysage de montagne (vers 1620), Joos de Momper le Jeune et Jan Bruegel le Vieux (HTG)
Navires près d’une côte rocheuse (1651), Simon le Vlieger (HTG)
Kaag et weyschuit fuyant la tempête (vers 1685), Willem Van de Velde le Jeune (HTG)
Paysage fluvial avec baigneurs (vers 1653), Philips Wouwerman (FT)
Nature morte aux coquillages (1640), Jacques Linard (HTG)
Nature morte aux instruments de musique (vers 1665-1670), Evaristo Baschenis (HTG)
Portrait de Madame Lethieullier (1739), Rosalba Carriera (FT)
Pêcheurs dans un port méditerranéen (1763), Joseph Vernet (SC)
Hallebardier (1895), Ferdinand Hodler (NB)

Référence

Bondil, Nathalie, dir. - Pavillon pour la Paix Michal et Renata Hornstein, Art international et éducation: Atelier international d'éducation et d'art-thérapie Michel de la Chanelière. - Montréal: Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), 2016. - 124p. - ISBN 708.11428 M9862m 2016. - BAnQ: 700 P.

Image

L’œuvre Nœud Pivoine de l’artiste français Jean-Michel Othoniel est suspendue au-dessus de l’escalier-événement, dans le Sentier de la Paix. - Photo prise par Claude Trudel, le 25 novembre 2016, lors d’une visite guidée au nouveau Pavillon pour la Paix.

Sur la Toile

Pavillon pour la Paix (MBAM)

10 février 2017

La ballade d’Ali Baba / Catherine Mavrikakis

La mer m’apparaissait pour la première fois dans sa nature primitive, sauvage, ignoble et merveilleuse.

Montréal, c’était bien, mais cette ville ne peut constituer la fin de mon voyage.

Mais mort, comme vivant, on ne peut avoir de lieu à soi ni de nostalgie…

Je refais avec toi la route de mon enfance.

Je sors tout droit d’une époque qui a disparu. Je suis la préhistoire et le monde à ses origines.

-

Afin de me situer dans l’espace-temps du récit, j’ai d’abord pris connaissance des titres des chapitres tout en les numérotant et en comptant leurs pages:

01 / 12 / Key West - 31 décembre 1968
02 / 11 / Las Vegas - Février 1970
03 / 28 / Montréal, sous la neige - Février 2013
04 / 11 / Montréal - Les samedis au début des années soixante
05 / 10 / Alger - 1939
06 / 27 / Montréal - Février 2013
07 / 13 / Florence - 1966
08 / 08 / Alger - 1948
09 / 24 / Montréal - Juin 2013
10 / 12 / Kalamazoo - Été 1968
11 / 08 / New York - 1957
12 / 21 / Retour à Key West - 31 décembre 2013

Sept villes réparties sur trois continents, l’Afrique du Nord, l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale: une ville québécoise (90 pages), quatre villes américaines (64 pages, dont Key West, 33 pages), une ville algérienne (18 pages) et une ville italienne (13 pages). Trois décennies (en huit chapitres, 1939-1970) et une année (en quatre chapitres, 2013): 1939 (Alger), 1948 (Alger), 1957 (New York), 1960s (Montréal), 1966 (Florence),1968 (Key West, Kalamazoo), 1970 (Las Vegas), 2013 (Montréal, Key West). En douze chapitres, un récit complexe en perspective (185 pages).

01 / L’incipit s’ouvre sur l’aurore d’une journée à l’extrémité de la Route 1 menant à l’archipel floridien des Keys. L’atmosphère est d’abord nostalgique, avec l’évocation de la période 1920-1950 et les temps géologiques, puis évocateurs du milieu attendu en ce 31 décembre 1968: Au bout du chemin, il y aurait… Le narrateur (ou la narratrice) se fond dans le nous.

La suite du chapitre apporte des précisions sur les protagonistes: le père, conducteur d’une Buick Wildcar turquoise, et ses trois filles: les jumelles Adriana et Alexia, âgées de 6 ans, et la narratrice, âgée de 9 ans. Les détails du voyage, de Montréal à Key West, sont relatés avec beaucoup de détails: deux jours de trajet, avec un arrêt à Florence (Caroline du Sud). Plus encore, le contexte familial est spécifié, soit la récente séparation de ses parents. L’arrêt à Islamorada est pittoresque, mais sanguinaire. La suite du récit est consacrée à l’observation de la nature et à la description de la personnalité du paternel.

02 / La narratrice, maintenant âgée de 10 ans, décrit l’atmosphère et le décor du Sahara Casino and Resort (Las Vegas) qui avait quelque chose de la caverne d’Ali Baba. Elle explique, avec lucidité, comment son père se sert d’elle vis-à-vis son public de parieuses. Confiée à une gardienne de l’hôtel, Rosemary, elle éprouve le bonheur de voir arriver l’acteur Jerry Lewis, sans plus se soucier de son père.

03 / En se dirigeant vers la bibliothèque de l’Université McGill, entre chien et loup, selon l’expression mainte fois répétée, la narratrice décrit une tempête de neige par temps glacial. Elle secourt un vieillard lui rappelant son père décédé neuf mois plus tôt. Le vieil homme interpelle sa fille Érina, une auteure célèbre. Sa voix évoque celle d’Ali Baba et des quarante voleurs, ainsi que celle de personnalités ayant marqué son enfance. Il lui parle de sa compagne Sofia, de son ex-femme Régine, d’un certain copain Peter et de Paul, l’ex-ami d’Érina.

La narratrice raconte ensuite les dernières années de démence de son père décédé à l’âge de 78 ans, ses huit dernières années de réfugié malade chez Régine. L’agonie de Vassili Papadopoulos, celui qui avait abandonné sa famille pendant plusieurs décennies, est racontée à la fin du chapitre, après l’évocation d’un cadavre de renard à Kalamazoo, en 1968, chez la tante de la narratrice.

04 / Au cours des années 1960, les produits de la mer en vente à la poissonnerie Waldman font l’objet d’une longue description par la narratrice. Les origines de ses parents sont dévoilées: sa mère une Française de Normandie; son père né en Grèce, mais ayant passé son enfance en Algérie. La suite du récit se poursuit avec les autres emplettes sur le boulevard Saint-Laurent et l’heureuse vie familiale dans le quartier grec de la métropole.

05 / La narratrice raconte le départ de la Grèce de la famille de Vassili, en 1939, pour fuir la guerre. Les descriptions des ports de Rhodes et d’Alger sont illustrées avec minutie et d’une façon attrayante. Les liens familiaux sont précisés, ainsi le lecteur apprend que la narratrice Érina a le prénom de sa grand-mère et que sa tante s’appelle Dina. Seulement âgé de 6 ans, Vassili éprouve un vif sentiment de responsabilité envers sa mère, ses trois frères et sa sœur, tous immigrants à Alger sans la présence du chef de famille.

06 / La narratrice accompagne son père au 29e étage d’une tour à logements, située à l’angle des rues Milton et Sainte-Famille. Sa rencontre avec Sofia, la compagne de son père, lui rappelle son ancienne amitié avec Christina, résidant auparavant dans le même édifice. Elle lui rappelle surtout les événements marquants de son enfance, tout en évoquant la vie de son père aussi bien dans l’Ancien Monde qu’ici. Au cours de ce chapitre très dense, Hamlet est cité fréquemment.

07 / Âgée de 6 ans, la narratrice participe à un voyage familial en France, en Suisse et en Italie. L’arrivée à Florence est épique, mais la famille finit par loger chez Gabriele, dans la ravissante campagne toscane. Le voyage se poursuit sur la Riviera jusqu’à Marseille où résident des membres de la famille de son père. La narratrice révèle pourquoi son père l’aimait tant, sa fille aînée lui rappelant sa mère Érina enterrée à Alger. Puis, ce fut le retour précipité à Montréal.

08 / La narratrice raconte l’enfance et l’adolescence de son père à Alger, alors qu’Érina souffre d’un cancer du sein. La personnalité du jeune Vassili est caractérisée avec moult détails et exemples, en insistant sur son dévouement indéfectible envers sa mère, tout en insistant sur son charme naturel. Dans ce chapitre, la narratrice compare la Casbah à la caverne d’Ali Baba.

09 / Après avoir évoqué le printemps, la narratrice décrit son arrivée au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dans la nuit du 23 au 24 juin, pour remplir la promesse faite au fantôme de son père quelques mois plutôt. Celui-ci vient à sa rencontre et la conduit finalement à sa tombe, celle de Vassili Papadopoulos (1934-2012). Assistée par un fossoyeur fantomatique, la narratrice déterre et emporte les cendres de son père.

10 / Une double douleur surgit lors du voyage familial et l’arrivée à Kalamazoo (Michigan), celle d’un renard blessé mortellement par Vassili et celle de Régine, humiliée par les infidélités de son mari. La narratrice passe une semaine, avec ses amis, à observer la putréfaction du renard, alors que devant sa sœur Madeleine, sa mère dénonce la cruauté de Vassili. Deux semaines plus tard, celui-ci s’enfuit en Grèce. Le chapitre se termine par le divorce demandé et obtenu par Régine.

11 / Âgé de 23 ans, Vassili quitte Alger pour aller à New York, en passant par Marseille et Le Havre. Fuyant la Guerre d’Algérie, il ambitionne de devenir Américain, de repartir à zéro. Au cours de la traversée, il se remémore ses visites hebdomadaires à la tombe de sa mère Érina (1911-1949), ses espiègleries enfantines à la Casbah, l’enrôlement de ses frères dans l’armée française d’occupation et sa sœur qui a rejoint leur père à Montréal.

12 / Âgée de 54 ans, en route vers Key West, la narratrice protagoniste s’adresse directement aux cendres de son père: «Tu es là. Je refais avec toi la route de mon enfance.» Au South of the Border, chez El Pedro, à la frontière mitoyenne entre les Carolines, elle évoque la caverne d’Ali Baba. Arrivée, à Islamorada, elle s’identifie à la préhistoire, au monde à ses origines. Puis, au bout de Key West, elle s’apprête à quitter son père, et le lecteur, par ces derniers mots nostalgiques: «Tu seras éternel. Tu seras dans tous les récits. Tu seras lové au cœur de tous les possibles. Tu ne seras plus rien.»

Le récit se termine là où il avait commencé puisqu’il s’agit d’un retour sur le passé, sur celui d’une femme d’âge mûr en deuil de son cher père. Un roman émouvant, aussi loufoque que mélancolique. Une œuvre qui mériterait d’être approfondie dans le contexte de ses nombreuses évocations artistiques et littéraires, notamment celles de la pièce tragique Hamlet et du conte merveilleux Ali Baba et les quarante voleurs.

Référence

Mavrikakis, Catherine. - La ballade d’Ali Baba. - Montréal: Héliotrope, 2016. - 206p. - ISBN 978-2-923-97543-6. - Bibliothèques de Montréal et BAnQ: C MAV et Mavrikakis M461b. - [Citation, p. 15, 108, 160, 186, 199].

Auteure

Catherine Mavrikakis (Professeure titulaire, Université de Montréal)

Sur la Toile

Catherine Mavrikakis: au nom du père (Entrevue de l’auteure avec Marie-Louise Arsenault, Radio-Canada, 28 août 2014)
Ailleurs (Martine-Emmanuelle Lapointe, Voix et Images, automne 2014)
Le père fantôme (Danielle Laurin, Le Devoir, 6 septembre 2014)
Catherine Mavrikakis: sur la route du père (Chantal Guy, La Presse, 6 septembre 2014)
«Il y a dans la mort quelque chose d’apaisant»: une conversation avec Catherine Mavrikakis (Entrevue de l’auteure avec Pierre-Luc Landry, mmeh, 18 septembre 2014)
Catherine Mavrikakis: La ballade d’Ali Baba (Julie Ledoux, Voir, 26 novembre 2014)

03 février 2017

Cartes / Trésors de la Bodleian


The maps in this book represent a broad range of different examples, organized by theme to enable us to see parallels between maps produced in very different eras and places and to put them into a wider context that their historical one.

Le nouveau livre Treasures from the Map Room publié par l’Université d’Oxford, sous la direction de Debbie Hall, présente des cartes remarquables sélectionnées parmi les riches collections patrimoniales de la Bibliothèque Bodleian.

L’introduction présente successivement le contenu du livre et la constitution des collections cartographiques de la Bibliothèque Bodleian, en soulignant notamment les legs individuels majeurs et l’imposant dépôt légal des cartes produites par le Service de cartographie du Royaume-Uni.

Le livre compte sept chapitres dédiés à des thèmes cartographiques majeurs. Chaque chapitre débute par une introduction. Toutes les cartes sélectionnées dans chacun de ces chapitres sont commentées. En fin d’ouvrage, les sources et les références sont regroupées en fonction de ces sept chapitres.

Pour chaque chapitre, attardons-nous à l’introduction thématique et à une carte exemplaire illustrant son contenu.

1 - Communications

L’introduction présente trois types de cartes: les cartes routières qui nous sont familières (bien que relativement récentes), les cartes maritimes depuis les portulans et les cartes illustrant la navigation intérieure sur les cours d’eau. La carte de la Grande-Bretagne dite de Gough, de la fin du Moyen Âge, illustre les fleuves et rivières d’une importance stratégique à cette époque, ainsi que les routes entre les villes et villages. La carte de la Chine [1653] de Selden est aussi reproduite et commentée.

2 - Connaissances scientifiques

L’introduction relate le développement des connaissances scientifiques appliquées à la cartographie depuis le 16e siècle, ainsi que la succession des méthodes de production utilisées par les cartographes. Toutefois, la première carte étudiée dans ce chapitre est tirée du Livre des curiosités. Cette carte singulière, dressée au 11e siècle, a été dévoilée au monde seulement en l’an 2000.

3 - Acquisitions territoriales

L’introduction porte sur les possessions et délimitations territoriales aux niveaux individuel (propriétaires terriens) et collectif (pays). Les dépossessions des paysans en Angleterre et des autochtones en Nouvelle-Zélande sont expliquées dans ces contextes capitaliste et impérialiste. La carte des États-Unis d’Amérique (1845) dressée par James Wyld illustre les rivalités territoriales entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Mexique dans l’ouest de l’Amérique du Nord.

4 - Conflits militaires

L’introduction explique les différents usages des cartes militaires depuis le 17e siècle, ainsi que les moyens servant à leur production. La carte de Fonquevillers (1917) sert d’exemple pour illustrer la guerre des tranchées au cours de la Grande Guerre.

5 - Villes

L’introduction relate l’évolution des plans urbains, depuis l’Antiquité jusqu’au 19e siècle, en s’attardant à la Chronique de Nuremberg (1493), aux Villes du monde par Hogenberg et Braun (1572-1617), et aux productions du Service de cartographie du Royaume-Uni. La description du plan de la ville de Boston (1775) pendant la Guerre d’indépendance est particulièrement bien détaillée.

6 - Loisirs

L’introduction situe dans un contexte de prospérité l’utilisation de cartes à des fins récréatives: randonnée, ski, bicycle, etc. Le développement des voyages en chemins de fer et en automobile favorise la production de cartes touristiques. Les caractéristiques du plan du Palais de cristal (1864) produit par le Service de cartographie du Royaume-Uni sont mises en relief.

7 - Imaginaire

L’introduction tisse des liens entre la cartographie, les arts visuels et la littérature. La carte du Wilderland (1937), imaginée par J. R. R. Tolkien dans Le Hobbit, sert d’exemple.

L’ouvrage est complété par la liste des contributeurs, les sources iconographiques, une bibliographie sélective et un index, tandis que le sommaire et les remerciements d’usage précèdent l’introduction.

Un livre d’une facture luxueuse, mais surtout un répertoire enrichissant pour les amateurs de cartographie.

Référence

Hall, Debbie, dir. - Treasures from the Map Room. A Journey through the Bodleian Collections. - Oxford (Royaume-Uni): Bodleian Libraries, 2016. - 223p. - ISBN 978-1-85124-250-4. - [Citation, p. 8]. - BAnQ: 912.09 B6681t 2016.

Carte

1861 - Paris - Souvenir du Nouveau Paris, ses Monuments, Promenades, Boulevarts et grandes voies de communications. Plan simplifié pour se guider seul dans Paris / Dessiné et. gravé par Marie-Hilaire Guesnu / Fatout, éditeur scientifique. - Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de Franceé. - [Cette carte est reproduite et commentée dans Treasures from the Map Room.]

Cartographie

Livres numériques gratuits > Anciennes cartes géographiques, Atlas du Québec, Cartes commentées, Grammaire de la carte

27 janvier 2017

Enquêtes criminelles / Police scientifique

Endossez le costume d’enquêteur et résolvez 7 énigmes de science légale.

Tel est le défi lancé par Lionel Fox aux lecteurs de son nouveau volume Police scientifique.

En introduction à son recueil, l’auteur recommande au lecteur enquêteur de se poser ces questions:

À qui profite le crime ?
Quel est le mobile du crime ?
De quels moyens l’assassin disposait ?
L’assassin a-t-il agi seul ?
Qui avait un alibi ?
Y a-t-il des témoins ?
Quels sont les indices lissés sur le lieu du crime ?

Ainsi préparé, l’enquêteur néophyte peut essayer de résoudre tour à tour les meurtres racontés dans l’opuscule, dont les dossiers ont des titres évocateurs:

Une odieuse créature
Trou de mémoire
Orchidées sauvages
Eau dormante
Une histoire de femmes
Une histoire simple
À la source du mal

Chaque dossier contient les éléments suivants: une courte nouvelle intitulée Les prémisses, le déroulement de L’enquête policière, un encadré intitulé Pour en savoir plus, une question à résoudre par le lecteur, des annexes (pièces à conviction, empreintes, rapports d’analyse, photos, manuscrits ou autres indices).

Les solutions des enquêtes sont insérées en fin d’ouvrage, sous le titre Affaires classées.

Une lecture captivante, des récits intrigants, des enquêtes amusantes.

Bref, un livre jeunesse fort intéressant!

Référence

Fox, Lionel. - Police scientifique. - Paris: Hachette (Marabout), 2016. - 96p. - ISBN 978-2-501-11341-0. - Bibliothèques de Montréal: nouveauté.